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Au 14ème siècle pour protéger la flamme de la bougie, on mettait des écrans de lumière. Ce sont des petites lames de papier, de carton, de métal, de porcelaine ou de verre dépoli qu’on place devant la bougie. Ce sont dons les premiers abat-jour, c’est-à-dire un cadre ou un réflecteur en papier ou plus tard en tissu pourvu d’une armature métallique : la carcasse.

Au 16ème et 17ème siècle, les marchands se servaient d’appareil en bois qui se haussaient ou se baissaient de manière à diriger la lumière du jour que leurs marchandises pour qu’elles paraissent plus belles. On appelait ces appareils des abattants ou abat-jour car ils abattaient, diminuaient le jour. Ces appareils furent réglementés en 1693 dans une déclaration du Roi car Mercier dans son tableau de Paris (tome 5 page 15) les décrit ainsi « Que de fripiers écrit-il, ayant des ressources mensongères pour en imposer à la crédulité du passant, qui entre et se laisse tromper par un abat-jour inventé pour cacher les défauts de l’habit qu’il marchande, on doit s’y attendre ».

Au 18ème siècle, en architecture, un abat-jour est une ouverture oblique dans un mur qui permet de donner de la lumière à un lieu qui ne peut en recevoir que par le haut. Il porte le nom de soupirail quand il s’agit d’une cave ou d’un sous-sol. Par extension, on nomme abat-jour un volet, une persienne, un auvent devant l’ouverture d’une habitation pour protéger du soleil. Les écrans de lumière deviennent des gardes vues. En 1762, une réclame les décrit ainsi : trois feuilles de papier blanc installés autour de la source lumineuse pour réfléchir la lumière sur l’ouvrage et vers le dehors pour ne pas fatiguer la vue. Apparaissent ensuite les lampes bouillotes : ce sont des lampes formées d’un abat-jour circulaire en tôle peinte et de deux bougies. On les plaçait sur une table servant à jouer à la bouillote d’où le nom, c’est le jeu de carte à la mode à l’époque, dans un trou central pour éclairer les joueurs.

Durant ce siècle, des améliorations considérables vont être apportées à la lampe à huile grâce à des hommes comme Argand, Quinquet, Carcel, qui vont permettre le développement des abat-jour. Ainsi, à cette époque, on trouve de nombreuses lampes à huile qu’on orne d’abat-jour en tissu. En 1820, la lampe Sinombre (en latin pas d’ombre) de Philips, en 1836, la lampe modérateur de Franchot où l’on peut régler la longueur de la mèche, ces améliorations vont entraîner une diminution du prix des lampes à huile et donc ainsi multiplier les abat-jour. En 1861, la lampe à pétrole arrive des Etats-Unis en France et l’abat-jour se plaçait sur la galerie de la lampe ajourée pour le passage de l’air et dans les suspensions le bas de l’abat-jour était souvent orné d’une jupe en tissu volanté. Puis, à la fin du siècle la lampe à gaz fait son apparition.

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